Professeur Tattoo Joe Pancho

L'un des premiers salons de tatouage en Belgique fut celui de Joe Pancho, ouvert en 1943 dans la Schippersstraat à Anvers. Originaire de Chicago, il portait plusieurs surnoms : Professor Tattoo, Sailor Pancho… Ce n'était pas un hasard si son salon était situé dans le quartier du port d'Anvers.

Au fil des siècles, l'opinion publique a associé les tatouages à différents groupes : les criminels, les soldats, les artistes de cirque (« monstres ») ou les motards. Mais c'est peut-être surtout aux marins qu'on les a associés.

Découvrez le patrimoine maritime et Joe Pancho au Museum aan de Stroom (MAS) à Anvers.

Au départ, les marins européens se tatouaient entre eux à bord des navires ou dans les grandes villes portuaires. À partir du XVe siècle, ils entrèrent également en contact avec des cultures du monde entier où le tatouage était pratiqué depuis des siècles. On connaît notamment les voyages de James Cook en Polynésie au XVIIIe siècle, où lui et son équipage ont pu constater que les ornements corporels revêtaient une signification rituelle, religieuse ou sociale. C'est ainsi que le mot polynésien « tatouage » a fait son apparition en anglais, puis dans d'autres langues occidentales.

« Captain Costentenus », artiste de cirque tatoué, fin du XIXe siècle - Circus World Museum, Baraboo - Wikimedia Commons
« Captain Costentenus », artiste de cirque tatoué, fin du XIXe siècle - Circus World Museum, Baraboo - Wikimedia Commons

Avec l'invention de la machine à tatouer électrique à la fin du XIXe siècle, les premières boutiques ou studios spécialisés ont fait leur apparition dans les villes portuaires, souvent tenus par d'anciens marins comme Joe Pancho à Anvers.

Les tatouages représentant des motifs récurrents peuvent servir à affirmer son appartenance à un groupe. Ainsi, au XIXe siècle, les soldats se faisaient souvent tatouer sur le corps les noms des lieux où ils avaient mené des campagnes militaires, en guise de souvenir. Les marins optaient souvent pour des tatouages représentant des ancres, des hirondelles, des roses ou des trois-mâts.

Livret de motifs de tatouages, 1904 - MAS, Anvers
Livret de motifs de tatouages, 1904 - MAS, Anvers

Les tatouages pouvaient aussi, au contraire, servir à se démarquer en tant qu'individu. À la fin du XIXe siècle, de nombreux artistes de cirque entièrement tatoués parcouraient le monde et émerveillaient le public par leur apparence unique.

Lorsque Janis Joplin et d'autres stars du rock ont commencé à afficher ouvertement leurs tatouages à partir de 1970, il s'agissait là aussi d'une forme d'expression personnelle. Malheureusement, au cours de l’histoire, les tatouages ont également été utilisés à des fins contraires : priver quelqu’un de sa personnalité. En témoignent, par exemple, les horribles tatouages de camp que les nazis ont apposés sur le bras des prisonniers à Auschwitz. Ils réduisaient ainsi littéralement leurs victimes à un numéro.

Ce récit a été réalisé par Geheugen Collectief pour FAAM - musée virtuel. 

PILOTIS
MEERPAAL raconte de manière originale l'histoire du vieux port d'Anvers, à travers le regard de l'ingénieur portuaire Albert Himler. Il
Promenade : Sur les traces de la Red Star Line dans la ville
Anvers et la Red Star Line sont indissociables. Des millions d'émigrants sont arrivés à Anvers avant de repartir. Da