Les cochons tatoués de Wim Delvoye

L'Autrichien Tim Steiner est une œuvre d'art ambulante. Entre 2006 et 2008, l'artiste west-flamand Wim Delvoye a entièrement recouvert son dos de tatouages. Un collectionneur allemand a « acheté » l'œuvre, ce qui fait que Tim se présente régulièrement, le dos nu, dans des galeries et des musées du monde entier. Le « propriétaire » aurait même le droit d’encadrer la peau tatouée après le décès de son porteur…

Le dos tatoué de Tim, Wim Delvoye, 2006-2008 - Studio Wim Delvoye, Belgique / © Sabam Belgium 2026
Le dos tatoué de Tim, Wim Delvoye, 2006-2008 - Studio Wim Delvoye, Belgique / © Sabam Belgium 2026

Mais Delvoye ne s'est pas arrêté là. Ses cochons tatoués sont encore plus controversés. Dans les années 1990, il s'entraînait encore sur des peaux de cochons. En 1997, Delvoye est allé plus loin et a utilisé des cochons vivants comme toile.

En tatouant des têtes de mort, des aigles, des motifs religieux et même des personnages de Disney sur le dos des cochons, on a donné à ces animaux quelque chose d'humain.

Selon Delvoye, il dénonce ainsi la réduction des êtres vivants à de simples objets de consommation. L'artiste a toutefois été vivement critiqué pour maltraitance animale.

Découvrez l'œuvre de Wim Delvoye sur son propre site web.

Presque toutes les cultures ornent ou modifient le corps humain. Souvent, ces ornements corporels ont une fonction symbolique : ils reflètent les conceptions esthétiques dominantes, sont utilisés dans des rituels (religieux) ou comme symboles de statut social, ou encore servent précisément à exclure certaines personnes et à les marquer littéralement. Mais l'homme ne se contentait pas de se marquer lui-même. Les corps des animaux étaient eux aussi marqués de toutes sortes de façons avec un signe d'identification.

Aux Pays-Bas, l'art du henné est inscrit au patrimoine culturel immatériel depuis 2014 - © immaterieelerfgoed.nl
Aux Pays-Bas, l'art du henné est inscrit au patrimoine culturel immatériel depuis 2014 - © immaterieelerfgoed.nl

De nombreux artistes occidentaux se sont inspirés des formes traditionnelles d'art corporel, telles que les tatouages. Les estampes japonaises représentant des guerriers arborant des dragons et des tigres sur leur corps ont contribué à l'engouement pour le Japon en Europe occidentale au XIXe siècle. L'architecte et designer Henry Van de Velde, ainsi que d'autres pionniers de l'Art nouveau, ont utilisé des motifs inspirés des traditions congolaises de scarification (formation de cicatrices décoratives). Peu d’entre eux ont eux-mêmes pris l’aiguille à tatouer en main, comme Delvoye. Mais depuis les années 1960, les artistes ont commencé à utiliser plus souvent leur propre corps comme support. Le tatouage contemporain ou d’autres formes de décoration corporelle, comme les tatouages temporaires au henné, sont également considérés par certains comme une forme d’art à part entière.

Ce récit a été réalisé par Geheugen Collectief pour FAAM - musée virtuel.