Tatouage congolais et Art nouveau belge

Tous les tatouages ne sont pas réalisés à l'encre. Divers groupes ethniques du Congo utilisaient des formes particulières de décoration corporelle : la scarification. La création de cicatrices permettait de former des motifs décoratifs sur la peau, souvent sous la forme de figures géométriques complexes. À l'époque de l'État indépendant du Congo, puis du Congo belge, cette pratique a été étudiée en détail, dessinée et photographiée par des scientifiques coloniaux. Les scientifiques et les ethnologues ont qualifié les scarifications congolaises de« tatouages», bien qu'elles ne nécessitaient donc pas d'encre.

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Tatouage congolais, 1913 - © Musée de l'Afrique, collection du KMMA, Tervuren - Photo de la mission A. Hutereau
Tatouage congolais, 1913 - © Musée de l'Afrique, collection du KMMA, Tervuren - Photo de la mission A. Hutereau

C'est par le biais de magazines, de photographies et d'expositions (mondiales) que la Belgique de la fin du XIXe siècle a découvert letatouage congolais. Des innovateurs artistiques tels que l'architecte et designer Henry Van de Velde s'en sont inspirés et ont intégré ces motifs dans leurs propres œuvres. Ainsi, l'Art nouveau belge doit beaucoup aux formes traditionnelles de décoration corporelle du Congo.

Une chaise conçue par Henry Van de Velde, dont le motif s'inspire des tatouages congolais - © Nordenfjeldske Kunstindustrimuseum - Photo : Freia Beer
Une chaise conçue par Henry Van de Velde, dont le motif s'inspire des tatouages congolais - © Nordenfjeldske Kunstindustrimuseum - Photo : Freia Beer
Découvrez le langage formel de l'Art nouveau au Musée Fin-de-Siècle à Bruxelles.

« Tattoo » est en fait un mot polynésien. À la fin du XVIIIe siècle, le navigateur britannique James Cook a rencontré en Polynésie des insulaires abondamment tatoués. 

C'est grâce aux récits de ce voyage que ce mot s'est également répandu en Europe. Les Occidentaux étaient fascinés par les ornements corporels « exotiques » des peuples qu'ils avaient conquis. En 1871, le biologiste Charles Darwin écrivait qu'il n'existait aucun pays au monde où la population ne se tatouait pas.

Des découvertes archéologiques de momies tatouées et de statuettes anthropomorphes peintes ont montré que le tatouage est probablement aussi ancien que l'humanité elle-même. Depuis des siècles, les gens modifient également leur corps d'autres manières, par exemple par la déformation du crâne, les cicatrices volontaires, les piercings ou la chirurgie plastique. Ils le font pour des raisons esthétiques, religieuses ou symboliques.

Pour certains, ce type de décoration corporelle est une forme d'art à part entière. Elle a également influencé d'autres formes d'art, comme ce fut le cas avec l'Art nouveau. Certains artistes intègrent d'ailleurs directement cette pratique dans leur travail, à l'instar de Wim Delvoye, qui a tatoué aussi bien des personnes que des cochons.

Ce récit a été réalisé par Geheugen Collectief pour FAAM - musée virtuel. 

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